Le voisinage du CERN

Le CERN et l'environnement

le 15 novembre 2010

Le CERN et ses deux Etats hôtes signent un accord sur la radioprotection et la sûreté radiologique

Le CERN, la France et la Suisse ont signé le 15 novembre un accord tripartite en matière de radioprotection et de sûreté radiologique. Cet accord remplace les accords bilatéraux que le CERN avait signés dans le passé avec ses deux Etats hôtes.

Pour étudier la composition de la matière, le CERN fait appel à des collisions de particules qui produisent des rayonnements ionisants. Les niveaux de rayonnements émis par les installations du CERN sont toutefois très bas. Ce phénomène est très différent du rayonnement produit par une centrale nucléaire, où, sans intervention humaine, les niveaux de rayonnement pourraient croître de façon exponentielle. Au CERN, le rayonnement ne survient que lorsque le faisceau de particules circule, et il suffit de l’arrêter pour stopper immédiatement les émissions. D'autre part, les volumes de matière accélérés sont infimes : au LHC, moins d’un nanogramme (millionièmes de milligramme) de matière est accéléré chaque jour, et seule une petite portion des protons accélérés entrent en collision.

Même si elles restent très faibles, le CERN se doit de contrôler ses émissions et de s’assurer de la protection de son personnel, du public et de l’environnement contre les rayonnements ionisants. Pour cela le CERN collabore depuis toujours avec ses deux Etats hôtes, ses installations étant réparties de part et d’autre de la frontière franco-suisse. Le CERN communique, par exemple, régulièrement à l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) en France et à l’Office fédéral de la santé publique (OFSP) en Suisse les résultats des mesures radiologiques. Ces deux autorités effectuent par ailleurs des visites au CERN. Toutefois, la collaboration avec les Etats hôtes était organisée jusqu’à présent par des accords bilatéraux, avec des pratiques différentes en France et en Suisse. Dans la mesure où les installations du CERN constituent un seul ensemble sur le plan technique, cela posait des difficultés opérationnelles.

Le nouvel accord tripartite résout ce problème en harmonisant la collaboration entre le CERN et ses deux Etats hôtes. Pour cela, il prévoit de mettre en place un système de réunions tripartites au cours desquelles le CERN présentera ses règles, pratiques et procédures à l’ASN et l’OFSP. Ainsi, en plus des mesures radiologiques, qui seront désormais transmises de manière uniforme aux deux autorités, le CERN communiquera régulièrement ses pratiques et procédures. Cette nouvelle collaboration rendra ainsi encore plus transparentes les pratiques du Laboratoire en matière de radioprotection et de sûreté radiologique.

un programme de surveillance

Le CERN s'engage à réduire au minimum l'impact de ses activités sur l'environnement. Plusieurs centaines de station de surveillance et des campagnes de mesure régulières permettent de contrôler la qualité de l'air, de l'eau, des sols et le niveau des rayonnements. Cette surveillance est administrée par un Système de gestion de l'environnement, implémenté pour optimiser les performances du CERN en la matière. Le CERN se conforme aux règles de ses deux Etats hôtes et leur communique les résultats du programme de surveillance.
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Pour étudier la composition de la matière, le CERN fait appel à des collisions de particules qui produisent des rayonnements ionisants. Les niveaux de rayonnement émis par les installations du CERN sont toutefois très bas. Même lors l'accélérateur LHC sera en service, la dose imputable au CERN s'élèvera à moins de quelques pour cent de la dose attribuable à la radioactivité naturelle. Tous les composants radioactifs sont traités suivant les réglementations en vigueur. Le CERN adhère à un système de radioprotection internationalement reconnu qui implique une optimisation des installations et des pratiques pour minimiser les doses de rayonnements. Avec ce système, l'impact radiologique reste bien en deça des niveaux de la radioactivité naturelle, et bien en dessous des limites réglementaires. Pour en savoir plus >>

Trous noirs et autres fantaisies

Les recherches menées au CERN abordent l'Univers et ses origines, la matière noire ou l'antimatière. Ces sujets s'apparentent à de la science-fiction pour le grand public et suscitent de nombreux fantasmes. La sortie du film Anges & Démons en est une illustration.

La mise en service de l'accélérateur LHC a soulevé des inquiétudes sur l'apparition de phénomènes étranges, dont des mini trous noirs. Les trous noirs connus dans l'Univers sont des objets gigantesques, les plus légers étant plusieurs fois plus massifs que notre Soleil. Quelques théories prédisent que le LHC pourrait produire des mini trous noirs. Ces trous noirs seraient microscopiques car issus de la collision entre deux protons possédant chacun une énergie comparable à celle d'un moustique en vol ! Ils se désintègreraient aussitôt et resteraient sans effet macroscopiques. Le LHC ne fait que reproduire sous des conditions contrôlées ce que la Nature produit depuis toujours. La Terre est ainsi bombardée depuis sa formation par des rayons cosmiques, des particules provenant de l'espace et dont les énergies sont bien supérieures à celles produites dans le LHC. La Terre n'a de toute évidence pas été endommagée par tous les mini trous noirs qui auraient dû être créés naturellement ! Pour en savoir plus >>

Autre crainte, celle des collisions du LHC qui vont recréer des conditions d'énergie proches de celles qui prévalaient quelques millionièmes de seconde après le Big Bang. Comme pour les trous noirs, il faut raisonner à une échelle bien plus petite que la nôtre, celle des particules élémentaires. L'énergie de chaque collision est dérisoire à notre échelle, équivalente à celle de quelques moustiques en vol. En revanche, comme cette petite énergie est concentrée dans un espace minuscule, dix mille milliard de fois plus petit qu'un moustique, elle est très grande à cette infime échelle.